LE PROJET

Julen Axiari : voix
Nicolas Nageotte : klarnet (clarinette turque), duduk
Jordi Cassagne : violone (basse de la viole de gambe)
Bastien Fontanille : Vielle à roue, banjo, amboès (hautbois du Quercy)

« BASA AHAIDE »…

Dans les montagnes souletines et plus particulièrement dans les Arbailles, les ancêtres, bergers, chantaient déjà ces chants liés à la nature, au monde sauvage… Les Basa Ahaide. Sans paroles, véritables calligraphies sonores, ils expriment le vol de l’aigle ou des chocards… mais aussi l’émerveillement et l’humilité de l’humain devant l’immensité de la nature.

Les Basa Ahaide réclament du souffle, une force calme et profonde, de l’audace vers les cimes… pour que ces « chants longs », mélodies parmi les plus belles, prennent vie.

…« HARATAGO », « plus loin »

Depuis toujours, ils sont chantés en solo et « a capella »… Mais Julen, à travers ses voyages, a rencontré et échangé avec des musiciens de Turquie, Azerbaïdjan, qui pratiquent le « chant long » sans frontière vis-à-vis des instruments et du rythme. Dans ce projet, grâce à une orchestration inédite aux côtés de Jordi Cassagne, Nicolas Nageotte et Bastien Fontanille,  il porte « plus loin » les Basa Ahaide, sans les perdre pour autant.

Ainsi… la voix, le violone, klarinet, duduk, amboès, vielle à roue ou banjo se croisent et s’entremêlent, chacun devenant tour à tour Aigle, ou son ombre furtive.

        « Iturri zaharretik edaten dut,
  ur berria edaten,
          beti berri den ura,
  betiko iturri zaharretik »

 

 

          Joxean Artze

       

 

       « Je bois à la vieille fontaine,
      je bois l’eau nouvelle,
                         l’eau toujours nouvelle
                de la vieille fontaine de toujours 

 

 

 

« On parle d’Haratago… »

…Et l’on arrive à ce qui restera pour moi le grand moment de ce festival, le projet Haratago autour des chants de bergers basques de la Soule, les basa ahaide (les chants sauvages).
Ce projet est mené par Julen Achiary (voix), Nicolas Nageotte (clarinette), Bastien Fontanille (vielle à roue), Jordi Cassagne (violone). Ces chants sans paroles, dédiés à l’aigle, au chocard, ou au gypaète, sont empreints de noblesse et de ferveur.

gypaète barbu

Ils disent beaucoup sur le rapport à la nature de ces bergers, sur leur capacité d’émerveillement, sur leur sensibilité à la grandeur. Ils n’étaient donc pas seuls dans les estives, ces bergers d’autrefois, puisqu’ils avaient tant de beauté dans leur regard.

Traditionnellement, ces chants sont exécutés a capella. Mais Julen Achiary et ses copains ont orchestré ces chants à leur façon en regardant vers l’orient et les Balkans.

La voix de Julen Achiary arrive magnifiquement à transmettre cette grandeur. Elle est souple, puissante, mais ne passe jamais en force. Elle a parfois des inflexions de muezzin. Elle semble prendre exemple sur les oiseaux majestueux qu’elle évoque, car elle s’élève par paliers, s’appuyant à la vielle à roue ou à la clarinette comme les aigles s’adossent aux courants d’air ascendants. La relation musicale entre le clarinettiste Nicolas Nageotte et Julen Achiary est magnifique: Tous deux se font la courte échelle pour aller au plus haut des nuées, tous deux déploient leurs ailes.

                                                                                                                                                                          JF Mondot, Jazzmagazine